DEFI MODERNE + DEVÉLOPPEMENT HUMAIN

Dans cette recherche, de façon latente et orientant notre boussole, apparaît une aspiration, une question récurrente : la ville ouverte ; nous souhaitons une ville choisie par tous et pour tous, une ville accueillante, participative, saine, salubre, calme, horizontale où il fait bon vivre et où l’on aime se trouver.

Pour atteindre notre principal objectif qui est de comprendre la ville coloniale et le problème du logement à partir des politiques publiques menées par l’administration coloniale au Nord du Maroc, nous nous sommes vus dans l’obligation de voyager dans différentes villes invisibles : la ville politique, la ville symbolique, la ville juridique, la ville programmée, la ville de droit, etc.  Ainsi, nous avons  amélioré , en suivant un ordre chronologique, notre compréhension de ce phénomène complexe que constitue la réalité urbaine moderne, conscients du fait que chacune de ces villes se trouvait au cœur de la vie des habitants et de sa carte de besoins à couvrir parmi lesquels figurai le fait d’habiter sous un toit digne de ce nom.

Nous avons découvert peu à peu la difficulté qu’engendre le phénomène d’urbanisation  de la société et sa concentration dans les villes. Nous ne croyons pas qu’il existe des recettes, des utopies du bonheur, simples et déjà prêtes à l’emploi, de la médina al fadela. Nous avons découvert comment le modèle, le paradigme de la ville influe mais pas seulement, sur le développement urbain. Nous avons décrit de quelle manière les villes dépendent des mécanismes de promotion et de financement gouvernemental et privé. Nous avons établi les relations, probablement structurelles, entre le système de production de la ville rationnelle et une population exclue du système de manière permanente. Nous avons souligné le manque de programmation, l’improvisation et l’urgence avec lesquelles une solution au problème du logement a été tentée. Nous avons tracé une ébauche de la complexité sociale et culturelle qui apparaissait dans la ville coloniale où se côtoyaient différentes classes sociales d’espagnols et de marocains, des identités urbaines et rurales, des autorités et des militaires.

Le problème du logement, d’un toit digne de ce nom, pour tout habitant, standard des principes des droits et de la solidarité imposée par les états de droit, ne se limite pas à une question de logement et ne dispose pas d’une seule voie pour sa résolution,  mais est plutôt une question ouverte posée à chaque communauté urbaine, à chaque état à la recherche d’une réalisation sociale.

« Quand u peuple commence à parler de lui-même et de son passé, c’est qu’il est majeur. Durant les derniers siècles ce sont les européens qui on écrit et disserté sur nous, comme ils ont écrit sur l’Inde ou la Chine, et pour certains d’entre eux c’était  la marque même de la supériorité occidentale. Aujourd’hui, nous recommençons à parler de l’Occident et à juger son action. L’égalité historique est ainsi rétablie. »

Mehdi Ben Barka 3

Préface en LAHABI, Mohamed 1958. Le gouvernement marocain à l’aube du XXème siècle. Préface de Mehdi Ben Barka  Ed. Techniques Nord-Africaines. Rabat 1958 p.3

A travers la méthodologie et l’approche employées dans ce travail de recherche, nous avons gardé le souci constant de relier l’analyse critique de l’histoire aux processus actuels de développement urbain et de réflexion sur la ville de demain, à partir du point de vu du développement (D, c’est-à-dire, à partir de la recherche de solutions devant l’état actuel des villes du Maroc et leurs problèmes : les politiques publiques de gestion du territoire, l’habitât, les bidonvilles, les initiatives de développement humain, les processus participatifs et de bonne gouvernance, la gestion du patrimoine, l’utilisation des nouvelles technologies et l’application de logiques bioécologiques dans la construction et l’organisation de l’espace

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